Nicaragua – Les « femmes-relais », des actrices essentielles de la lutte contre la pauvreté

Elles sont vendeuses ambulantes, couturières, cuisinières ou encore agricultrices, mais ces femmes sont aussi « promotoras », les « femmes-relais ». Au Nicaragua, notre partenaire local, la Casa de la Mujer, a misé sur ces femmes issues de tous les quartiers pauvres de Granada pour répondre plus efficacement aux besoins des populations locales.

Un réseau vaste et étendu

Actuellement, on compte un peu plus de 900 « promotoras » réparties sur tout le département de Granada. Ces femmes-relais sont élues par les habitants de la communauté ou du quartier. Il en existe une ou deux par quartier pauvre. Elles sont d’autant plus légitimes qu’elles habitent ces quartiers, où elles vivent dans des conditions à peine plus favorables que les bénéficiaires qu’elles suivent.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Las « promotoras », des femmes pauvres aux talents multiples

Ces femmes combattives et généreuses jouent un rôle fondamental dans l’organisation de la Casa de la Mujer. Elles font figure d’interface entre les familles et cette association de défense des droits des femmes et assurent une relation de proximité avec les bénéficiaires.

Elles recueillent des informations précieuses sur les conditions de vie dans les quartiers défavorisés, alertant sur les situations sociales des familles ou les problèmes de violence intrafamiliale.

Elles aident à la résolution des problèmes ou des conflits au quotidien (recouvrement des créances, supervision des travaux collectifs, résolution des conflits de voisinage, médiation familiale…).

Elles facilitent aussi l’organisation et l’implication des habitants autour d’actions au bénéfice des plus démunis. Elles peuvent par exemple participer à la sélection des bénéficiaires et les suivre pendant et après la réalisation des projets ; ou encore avoir des rôles logistiques comme la responsabilité de la « bodega », lieu de stockage et de distribution du matériel pour la construction de maisons.

Prévention, information, mobilisation… Ce « maillage » permet à la Casa de la Mujer d’effectuer un travail remarquable sans grands moyens financiers.

« Un travail par amour »

Le travail des « promotoras » est totalement volontaire et non indemnisé. Ces femmes donnent de leur temps bénévole pour aider d’autres femmes dans le besoin. « Ici comme on-dit, on travaille par amour. Par exemple, le travail que je fais ici : m’occuper des enfants à la bibliothèque, organiser les discussions sur l’estime de soi ou la violence au sein de la famille, tout cela prend du temps, mais il n’y a aucun salaire », explique Maria Transito Murillo-Sanchez, femme-relais d’El Fortin.

Le bénéfice qu’elles en retirent n’est pas financier mais humain. Ces femmes se sentent ainsi utiles et valorisées. Maria partage ainsi son expérience : « J’ai appris beaucoup de la Casa de la Mujer. Je me sens très heureuse parce que je suis valorisée. Je suis pauvre, mais elles me donnent beaucoup d’affection, beaucoup de respect. Je me sens fière parce que je ne me suis pas sacrifiée seulement pour moi mais aussi pour les autres. Même si je n’ai pas beaucoup de sources de revenus, le sacrifice que j’ai fait valait la peine. »

Un modèle reproductible ?

L’histoire des femmes relais a fortement marqué des associations de solidarité internationale. Meilleure prise en compte des besoins des populations, responsabilisation des bénéficiaires…cette organisation pourrait servir de modèle dans d’autres pays.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s