(Les échos du terrain) – Plus de 25 migrants menacés d’expulsion dans la commune des Lilas, en Seine Saint Denis

Le lancement d’une nouvelle procédure d’expulsion à l’encontre des occupants du « squat des Lilas » relance la question du mal-logement et de la difficulté d’apporter une réponse politique aux problématiques de logement et d’hébergement des quelques vingt-cinq migrants séjournant, pour certains depuis plus de six ans, au sein d’un squat menacé d’expulsion par la Mairie des Lilas.

(illustration Vanessa Dubuisson)

(illustration Vanessa Dubuisson)

Le 25 février 2012, une dizaine d’occupants du squat, qui étaient présents sur les lieux lors d’un relevé d’identité par les forces de police, ont reçu par courrier une assignation en référé leur faisant part des pièces constituantes du dossier d’expulsion et fixant une première date d’audience devant le Tribunal d’Instance de Pantin pour le 19 mars 2013.

En 2011, le squat des Lilas avait déjà fait l’objet d’une procédure d’expulsion qui n’avait pas aboutie. Ce squat accueille depuis dix ans des dizaines de migrants n’ayant pu trouver aucune solution de logement ou d’hébergement. Il est un lieu de passage, mais également un ancrage pour des personnes qui poursuivent une procédure d’asile longue et difficile.

A ce jour, le squat constitue un refuge pour vingt-cinq personnes, un couple et vingt-trois hommes isolés, aux profils variés : « dublinés » (1), demandeurs d’asile, déboutés et/ou en demande de réexamen. Cinq occupants sont détenteurs du statut de réfugié politique et relèvent donc du droit commun ! Statutaires depuis plusieurs années,ils n’ont toujours pas trouvé de solution d’hébergement ou de logement pérenne.

La procédure d’expulsion constitue donc une alerte sur l’urgence de repenser les rapports entre les autorités politiques et les habitants du squat, qui jusqu’à présent n’ont pu se résumer qu’à des rapports de force, et met en lumière la nécessité de trouver impérativement une solution de relogement pour tous ces migrants qui vivent dans des conditions de grande précarité.

(1) Les « dublinés » sont les personnes faisant l’objet d’une procédure de réadmission, conformément au Règlement Dublin II (2003). Suite à la prise des empreintes digitales du demandeur d’asile, la préfecture établit  l’Etat responsable de l’examen de la demande d’asile. Le Règlement Dublin II prévoit que les personnes ayant transité par un autre pays de l’Union Européenne (ici avant d’arriver en France), et qui ont déjà donné leurs empreintes aux autorités, soient renvoyées vers l’Etat par lequel elles ont transité. La procédure de réadmission fait donc référence à la période de 6 mois durant laquelle l’Etat responsable de l’examen de la demande d’asile accepte ou refuse la réadmission de la personne sur son territoire. Pendant cette période, le demandeur d’asile n’est pas admis au séjour. 

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