[Echos du terrain] – Une mère et sa fille se retrouvent à la rue après plusieurs mois en squat

Echos du terrain - Habitat-Cité

Habitat-Cité milite pour que le droit fondamental à l’hébergement et au logement pour les personnes vulnérables reste au cœur des débats politiques et se mobilise pour que de nouvelles places d’hébergement soient créées pour les personnes en situation irrégulière et pour les personnes isolées, qui sont les grands laissés pour compte du dispositif actuel d’hébergement d’urgence. Comme madame Tch. et sa fille, qui ont fui la Tchétchénie et subissent depuis leur arrivée en France un insoutenable parcours d’errance.

Au mois de septembre 2014, Madame Tch. et sa fille reçoivent une décision de rejet de la Cour nationale du droit d’asile. Avec l’arrêt de la procédure d’asile se termine également leur droit à être hébergées dans un Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA). Après plusieurs années en hôtel, elles se retrouvent à la rue, sans solution de relogement.

Elles font alors appel au 115, le dispositif d’hébergement d’urgence. Pour une femme adulte accompagnée de sa fille majeure l’accès à un hébergement d’urgence est difficile. Rien ne semble justifier qu’une place en hôtel pour « couples » se libère pour les mettre à l’abri : pas d’enfants en bas âge, pas de maladies chroniques, pas encore la période de grand froid.

« Comment supporter d’être traitées comme ça » ?

Commence alors un long parcours d’errance pour les deux femmes. Pendant quatre mois entiers elles appellent le 115 tous les soirs, à partir de 19 heures, l’heure à laquelle les dernières places du plan hivernal sont distribuées. Madame Tch. se souvient des nuits passées en abri de nuit où on entre à 20 heures et où on libère la chambre à 11 heures pour passer toute la journée dans la rue. Elle se souvient d’un foyer pour femmes où elles avaient été orientées, une quinzaine de femmes se partageant une seule et même pièce jamais aérée avec des traces de saleté incrustée. Ce soir-là, Madame Tch. n’avait pas fermé l’œil de la nuit de peur de se faire voler ses affaires.

Pendant le mois de février qui était particulièrement froid, la mère et la fille n’ont pu être orientées nulle part, faute de place. Pendant une semaine entière elles sont restées dehors. Epuisées, elles étaient sur le point de tout abandonner et de prendre le risque de retourner en Tchétchénie. « Si nous n’avions pas autant de problèmes là-bas, nous ne supporterions jamais d’être traitées comme ça », avait-elle dit en s’effondrant lors d’une permanence d’accueil de l’association.

Le squat, dernière alternative avant la rue

Cette situation est révélatrice de la difficulté qu’ont les familles vulnérables avec des enfants majeurs – considérées comme des ménages à part – à trouver des solutions d’hébergement. Bien souvent les familles sont séparées et les jeunes adultes, âgés de 18 à 25 ans, se retrouvent isolés sans solution de relogement.

Pour tenter d’apporter une solution à leur problème d’hébergement, Madame Tch. et sa fille se sont tournées vers leur communauté. Elles ont réussi à trouver une place dans un squat en banlieue parisienne où elles partageaient l’espace avec une famille de compatriotes et une autre famille algérienne. Le squat se présentait donc comme une solution temporaire mais est devenu au cours des mois la seule solution permettant aux deux femmes de se reposer et de se stabiliser après plusieurs mois d’errance à la rue.

 A la fin du mois de juillet 2015, les deux femmes devront quitter le squat qu’elles occupent depuis maintenant cinq mois. Elles n’ont plus la possibilité de trouver un autre squat et elles ne placent plus leurs espoirs dans le 115.

Dans un squat de la banlieue parisienne.

Fragile… Dans un squat de la banlieue parisienne. (Photo Elise Gilliot)

> Aider des personnes en situation de grande précarité ? Vos dons sont essentiels pour permettre à Habitat-Cité de mener ses actions d’accès aux droits des migrants exclus des dispositifs existants. Pour contribuer : http://www.helloasso.com/associations/habitat-cite

Habitat-Cité, solidaires ici et là-bas !

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